Il n'est pas bon que l'Homme soit seul

Il n'est pas bon que l'Homme soit seul



Il n'est pas bon que l'homme soit seul, ainsi Dieu l'a voulu, ne tirant jamais assez de lui-même, quémandant toujours au dehors, ce quelque chose dont l'absence est une brûlure insupportable. Étouffé par l'orgueil,  il croit tout puiser dans sa suffisance  et refusant d'accepter que son bonheur est ailleurs que dans le clôt d'un cœur étroit, il se meurt aussi sûrement qu'il se ment.

Dieu même l'a fait dépendant de son frère, mendiant de sa sœur ! Jusque dans l'absolu d'une vocation amoureuse où il épouse l'âme privilégiée, l'époux divin laisse inscrit en lettre d'or,  « il n'est pas bon que l'homme soit seul ! » Le privilège insigne de la relation sponsale de l'âme consacrée à Dieu n'exclut jamais l'absolue nécessité de l'autre, qu'il soit l'époux ou le frère. Dieu se donne sans réserve mais, malgré son amour jaloux, il ne saurait retirer à l'âme ce besoin vital et existentiel de trouver en l'autre la réalisation d'elle-même.

A l'homme du monde il donne une épouse ; à l'homme d'Eglise, il donne des frères. Qui prétend vivre de Dieu et se passer de ses frères se ment et se préfère et à Dieu et aux  hommes !

Il n'est pas bon que l'homme soit seul !  Avant même d'être cette réalité cuisamment vitale pour la créature,  c'est un décret de Dieu pour que l’homme  demeure à jamais un mendiant d'amour auprès de l'époux divin comme de ses frères humains. Au-delà de la blessure violente de ce vide existentiel, « il n'est pas bon que l'homme soit seul » est la parole divine qui inscrit en lui  la charité comme un dynamisme vital, comme ce cercle vertueux par lequel son bonheur passe par la réalisation du bonheur de l'autre !

Il n'est pas bon que l'homme soit seul, mais qu'il est bon et salutaire qu'il en soit ainsi !