Prenons de la hauteur


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Les idées fleurissent, les projets se multiplient, les initiatives couvrent la France  comme la rosée du matin. Cette effervescence ne peut que nous réjouir. C'est un bain de jouvence qui nous galvanise ! La France semble s'ébrouer comme au réveil de l'aurore. Elle secoue sa torpeur nocturne et peu à peu s'étire, se délasse et se dégourdit.
Partout la terre de France est retournée, labourée, binée et semée !
Comment ne pas s'émerveiller de cette terre qui murmure et commence déjà à s'ouvrir sous la pression des jeunes pousses et de leurs bourgeons ?

Pourtant, les semailles ne  prennent pas toujours. Parfois la mauvaise herbe l'étouffe encore, les rapaces veillent et les rongeurs y vont à pleines dents.
Nos graines sont bien souvent semées à même le sol sans être plantées. Nos champs n'ont pas toujours eu l'engrais nécessaire et les greffes n'ont pas été suffisamment suivies.

En  bons paysans, nous avons fait ce que nous avons pu avec ce que nous avions, avec ce qu'on nous avait laissé.

Mais il me semble qu'il manque à tout cela un plan d'ensemble. Les bosquets de Le Notre trouvaient leur unité et donnaient toute la splendeur de leur beauté, vu d'en haut ! Il nous faut prendre de la hauteur. Depuis des années, nous pensons en minorité oppressée. Depuis 2012, nous marchons en peuple révolté. Il est temps aujourd'hui de réfléchir en hommes d'Etat.
Nous avons dénoncé avec force et panache le suicide de la France. Nous avons été frondeurs, houspilleurs et même gavroches ! Montrons à présent que nous avons un projet pour la France !
Nous avons fait la preuve que nous avions une autre vision de la société, que nous défendions un socle de civilisation ! A nous maintenant, sur ce socle, de bâtir une vision d'Etat ! Ne soyons plus seulement des rebelles, des transgresseurs. Soyons des hommes d'Etat au sens le plus noble du terme ! Construisons un projet d'Etat. Changeons notre manière de voir notre mouvement et raisonnons en responsables prêts à gouverner !

Les penseurs ne cessent de penser, les frondeurs sont toujours sur le pont, les veilleurs ne prennent aucun répit, les marcheurs battent inlassablement les pavés. Il est temps que les hommes d'action se hissent à la stature d'homme d'Etat. Oui je me répète, mais il me semble que le tournant de notre mouvement est ici.
Si nous ne parvenons pas à réfléchir avec cette hauteur de vue et d’ambition, nous nous ghettoïserons et serons peu à peu relégués au rang d'un énième communautarisme !
Notre mouvement nous dépasse. Nous ne nous battons pas pour défendre des privilèges que nombre d'entre nous pourraient se garantir par l'argent. Nous nous battons pour ceux qui justement n'ont pas les moyens de préserver des droits naturels transformés en privilèges par ceux-là même qui se font les hérauts d'une nuit du 4 août permanente !
Notre combat est celui de tout un peuple, pour tout le peuple et de ce fait il exige une vision, je le martèle, d'Hommes d'Etat.

 

Cyril Brun