La France aura son Gédéon

La France aura son Gédéon

 

 

Israël n'a de cesse de s'éloigner de Dieu, de ce Dieu unique qui pourtant a fait de ce peuple insignifiant, le peuple de la promesse, le peuple élu, au point de le placer dans cette terre de bénédiction.

Mais Israël, pourtant béni, pourtant choisi, pourtant façonné par le Père éternel, Israël, comblé de tous les dons, se comporte en enfant gâté. Lui que la manne a nourri, lui que le Seigneur a placé dans ce nouveau jardin d'Eden, dans cette terre nourricière, image de la Jérusalem céleste, lui paré de tous les dons, lui privilégié par la présence même du Seigneur sur son sol, au milieu de lui, Israël, enfant gâté, Israël, fils prodigue, finit par se croire l'auteur et la source de tous les bienfaits reçus du Seigneur Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

Oubliant qu'il est le fils de la promesse, oubliant qu'il est l'enfant béni de la descendance d'Abraham, de celui qui a cru et tout reçu, Israël devient son propre Dieu et ce faisant se coupe de la source des bénédictions.

Tombant toujours plus bas, le peuple élu déchoit du socle de  sagesse et de victoire qu'il occupait et ses ennemis, dont Dieu avait fait le marchepied du trône, se font les vautours, dépeçant le moribond peuple livré à lui-même.

Juda à la nuque raide était tombé si bas qu'il devenait manifeste que seul l'intervention divine pouvait lui redonner sa splendeur d'antan. C’est alors, mais seulement alors, que le maître des armées, par le dernier né du plus infime clan de la plus petite des tribus d'Israël, fit de Gédéon le sauveur de son peuple. Héros victorieux mais surtout héraut divin, Gédéon manifeste par sa propre faiblesse ce qu'Israël, dans son orgueil aveuglant refusait de voir, tout concours au bien de celui qui aime Dieu et quiconque se fait Dieu se condamne lui-même à la déchéance et à la soumission à ceux-là même qui, par Dieu, lui étaient soumis.

Ce passage du livre des juges (6 à 8) est d’abord une leçon spirituelle pour chacun de nous. Cet avertissement de l'aveuglement orgueilleux qui nous avilit au point de devenir esclaves de nos propres serviteurs est de soi un appel à l'humilité et à la conversion.

Mais cette terre bénie de Dieu, si souvent visitée par Lui, cette nation que Dieu s'est choisie pour domaine n'en retrouvons nous pas les traits dans cette fille aînée de l'Eglise, devenue la fille prodigue d'une insolente ingratitude ? Cette France qui aujourd'hui se prend pour Dieu lui-même en voulant s'affranchir des lois de son créateur et imposer les siennes au monde entier n'a-t-elle rien de semblable avec l'arrogance du peuple élu ?

Il faudra sans doute que cette superbe dont la terre de Saint Louis se pare soit terrassée par ses propres ennemis pour que Dieu envoie un nouveau Gédéon, une faible Jeanne d'Arc,  afin qu'éclate aux yeux de la prostituée Marianne qu'il n'est de salut qu'en Dieu seul et que toute bénédiction vient de Lui.

Le salut de la France ne sera pas politique, il sera spirituel parce que la France n'a pas une mission civilisatrice mais prophétique. Elle est pour l'Occident, tout autant la prostituée du prophète Osée que la fiancée que pare l'époux du cantique des cantiques.

La terre de saint Louis, terre de prédilection de Notre Dame et du Sacré Cœur, donne le ton spirituel au monde. Qu'elle devienne indigne catin et le monde s'enfonce dans la lie de l'adultère satanique. Qu'elle retrouve les bras de son bien aimé et le cœur du monde battra au rythme de ce cœur à cœur amoureux.