2013, Le printemps français !

 

16/01/2013

 

 

L’expression qui surgit çà et là ne pourrait-elle pas faire mouche ? En plein hivers 2013, la ‘manif pour tous’ du 13 janvier aura-t-elle été la première primevère du printemps français ?

La primevère, apprenait-on autrefois à l’école, tient son jolie nom de ce qu’elle est la première fleur à sourdre sous la neige au début du printemps dont elle annonce, le sourire aux lèvres, la venue. Un million de primevères si l’on en croit M. Delanoë a éclot sur les pelouses du Champ de Mars ! Le dieu romain doit être content de retrouver ses jeux printaniers, lui dont le mois ouvrait la saison de la fertilité. Si Mars était le dieu de la guerre, c’est d’abord parce qu’il était un dieu protecteur. Et c’est bien ce que cette première primevère du printemps 2013 est venue réclamer, la protection de la famille et au-delà de la dignité humaine intégrale.

 

2011 et 2012 ont vu divers printemps dans les pays arabes. Les peuples de ces pays ont voulu secouer un joug tyrannique qui les empêchait de vivre, de penser et tout simplement de se construire librement. Or l’Occident vit depuis des décennies, pour ne pas dire plusieurs siècles, sous le joug despotique d’idéologies destructrices qui se combinent (plus ou moins consciemment) pour oppresser l’être humain, le réduire à l’état de bête humaine et ainsi le rendre malléable à merci. Des hommes politiques avides de pouvoir et d’argent, des financiers sans scrupules, des idéologues du genre ou de la laïcité, des promoteurs aveugles d’un progrès à courte vue, des groupuscules d’intérêts économiques ou hédonistes se sont entendus, souvent malgré eux, pour peu à peu retirer à l’Homme toute capacité de discernement, toute possibilité de choix réel afin de réduire à néant sa liberté tout en le berçant d’illusion démocratique, alors que se tissait autour de lui la toile mortifère de la ‘démagocratie’. L’idée de fond est très simplement machiavélique et elle a rencontré l’adhésion de tous ces protagonistes qui chacun y trouvait son compte. Quand l’Homme souffre, il est affaibli et influençable. Quelle meilleure manière de maintenir l’Homme dans la souffrance que de le déstructurer durablement ? Couper l’Homme de Dieu, abimer son image en l’humiliant, en le maintenant dans l’incapacité de sortir la tête hors de l’eau d’un simple point de vue économique ont pour conséquence de le placer dans une perpétuelle fuite en avant vers toujours plus d’avoir. Ce qui favorise la société de consommation, mais aussi les rivalités et par là le repli identitaire et l’individualisme. Or isoler l’Homme est le plus sûr chemin pour le rendre dépendant de l’Etat. Ainsi, toutes les aides apportées par l’Etat deviennent-elle un canal privilégié de ‘formatage’. Il faut rentrer dans ses cadres pour bénéficier de son aide. Tout comme l’aide internationale est soumise à certaines conditions morales préalables, comme l’obligation de lois abortives. Les services de l’Etat de plus en plus incontournables façonnent ainsi une population sans défense par le truchement de l’école, des hôpitaux, des aides sociales…

 

Mais pour aller plus loin dans l’établissement de ces dépendances et pour servir aussi les idéologues et les financiers sans scrupules, il faut déstructurer en profondeur l’Homme. Un être humain qui ne sait plus qui il est entretient en lui un mal-être profond insupportable. Or ce malaise exige l’apaisement de mille palliatifs qui ne font qu’encourager cette course à l’avoir par la consommation. Incapable de découvrir son être profond derrière l’image défigurée qu’on lui donne de lui-même, l’Homme tente d’apaiser un être de façade alors que son être profond s’asphyxie au fond de lui. Cette asphyxie nourrit mal-être et schizophrénie, en même temps qu’elle rend impossible toute recherche du bonheur véritable. Quand nous ne savons plus qui nous sommes, nous ne sommes plus en mesure de savoir ce qui est bon pour nous. A ce moment-là toute liberté est quasi impossible, toute vie ressemble à l’hiver froid et glacial.

 

Oui mais voilà ! Ils ont voulu aller trop vite ! Après 10 ans à ronger leur frein, 10 ans loin des réalités du pouvoir et des Hommes, les idéologues de Terra Nova, comme l’immense majorité des medias n’ont pas vu qu’il restait encore de nombreuses et belles racines dans les campagnes de France. Avec notre incapacité parisienne à comprendre la Province, avec le mépris de  capitale pour nos terroirs crottés, ils ont oublié que le cœur des Français, même abîmé profondément par une certaine propagande, demeurait au fond profondément humain et libre. Ils ont cru que nous étions tous isolés puisque tous nous ne disions plus rien depuis si longtemps. Enfermés dans leurs bureaux, arithmétisant dans de beaux algorithmes les comportements humains, comme Taylor avait déshumanisé le travail à la chaine, ils n’ont pas entendu que le bon sens n’était pas mort. Ils ont méprisé ces vieux grognons qui continuaient stoïquement à encaisser l’idéologie ambiante comme les rebuffades.

Quelques voix certes se sont toujours émues, mais on les réduisait si facilement au silence par une charria médiatique dont le nouveau gouvernement a le secret. Homophobe, intégriste, fasciste, raciste, conservateur devenaient les armes préférées de cette nuit des longs couteaux qui n’en finit pas ! Alors réduits au silence, muselé par la peur de la charria, la France profonde s’est terrée, comme les oiseaux se cachent pour mourir.

Mais ils sont allés trop vite. Leur majorité absolue leur a donné plus d’assurance qu’ils n’avaient d’assise. Habiles à manipuler et à terroriser ils ont du haut de leur suffisance voulu imposer des lois purement idéologiques. Incapables de les justifier, eux qui pensaient pouvoir cacher derrière une écrasante majorité leurs incohérences, ont été violement déstabilisés par les opposants. Alliant la surenchère dans le mépris et dans l’incohérence ils se sont enfoncés comme on s’enlise en se débattant dans des sables mouvants et tout s’est écroulé. Dans leur propre camp les fissures font craquer la glace. Des députés socialistes hostiles à l’adoption, aux écolos inquiets des manipulations de la PMA, en passant par les quelques socialistes « conservateurs », la majorité se disloque sur fond de crise gouvernementale profonde.

Car cette crise est de la même nature que la question du mariage homosexuel. Elle traduit une vision totalement déconnectée du réel, incompatible avec la vérité profonde de l’Homme. C’est bien la dignité humaine dans son ensemble, dans son intégrité, qui est menacée. Ce sont les cris de protestation pour sa défense qui commencent à faire fondre le glacis du totalitarisme de la pensée unique qui tend à renvoyer notre civilisation à l’âge de glace.

 

Le printemps à la française ce n’est pas sortir d’une dictature pour se jeter dans les bras d’un nouveau fondamentalisme. Le printemps français, c’est la renaissance de l’Homme libre, c’est le renouveau de la dignité humaine, c’est le retour de l’Homme véritable et la mort de cette doublure inventée de toute pièce pour empêcher la primevère de fleurir à nouveau. C’est la fin de l’hiver de l’Homme !

Cyril Brun