Peut on encore sauver la France ?

Pouvons-nous encore quelque chose pour la France ? La sonnette d’alarme est de toutes parts tirée. Faire le tour des signaux alarmants ne servirait à rien tant leur nombre est important. En France tout va mal ! Evidemment un tel raccourci, comme tout excès, n’est pas juste. Bien des choses vont bien, voire même très bien. Plus encore, le potentiel français, comme le ressort des Français, est unanimement reconnu voire envié. Les solutions de redressement existent bel et bien, elles sont même relativement nombreuses. De plus en plus, constatant la démission de l’Etat, les Français se prennent en main, alors même qu’une contestation de moins en moins sourde secoue progressivement le joug apathique qui nous tenait hier encore fermement sous sa coupe. Cela voudrait-il dire que nous sommes prêts pour un « renouveau français » ? Une sorte de printemps à la française ? Peut-être pas encore, mais il semblerait bien que nous nous y acheminions pas après pas. Au moins trois obstacles majeurs enlisent encore cette dynamique balbutiante. Le système en place a sorti désormais toutes ses armes d’autodéfense au point d’avoir fait de la population française l’ennemi public numéro un. Anesthésiée depuis des décennies et économiquement tenue au bord de la noyade, cette même population, consciente des réformes à faire et de la nécessité de secouer le joug des dictatures qui se succèdent au pouvoir, n’est pas prête, et on les comprend, à lâcher la proie pour l’ombre. Enfin toutes les initiatives naissantes sont encore dispersées et manquent d’une unité fondamentale, à savoir une vision cohérente de la France. Dénoncer le système est une mode dans laquelle nous avons tendance à nous engouffrer trop rapidement. C’est un fourre-tout qui permet de ne pas désigner le fond du problème. De quoi parlons-nous lorsque nous tirons à boulet rouge sur ce fameux système ? Du régime politique ? De la mondialisation ? De l’Etat providence ? Des affreux financiers affameurs du peuple ? Des corrompus du pouvoir ? Du lavage de cerveau médiatique et culturel ? Ou bien encore d’une machine indéterminée qui se serait emballée et que personne ne contrôle plus vraiment ? A dire vrai, sans doute un peu de tout cela. Les uns se braquent sur un point tandis que les autres subissent et dénoncent un autre aspect de ce typhon qui nous aspire. Mais quel est le cœur du typhon ? Qu’est ce qui peut bien être commun à tous ces aspects d’un même cyclone ravageur ? Être réduit en quasi esclavage économique (soit par une spirale infernale de déchéance, soit par la course en avant vers le toujours plus) n’est qu’une conséquence créant un état de fait qui, il est vrai, fait partie intégrante du « système ». Mais l’économie n’est jamais que l’action d’hommes et de femmes en vue d’une fin précise. L’économie n’est qu’un moyen d’action parmi d’autre. Alors, certes, il est impératif de s’attaquer aux questions économiques, mais si « l’économie » n’est pas envisagée en vue d’une fin précise, elle continuera à être cette toupie incontrôlable et imprévisible. Or cette instabilité pèse sur les hommes, non seulement de par les effets dévastateurs de la toupie, mais par le simple fait de l’instabilité. Envisager l’économie du seul point de vue technique reviendra toujours et encore à colmater les brèches jusqu’au prochain cyclone. Si au regard de la survie, l’économie peut apparaître première et urgente, au niveau des solutions et des remèdes elle ne peut qu’être secondaire. Or, aujourd’hui, l’économie est simplement livrée à elle-même en ce sens qu’aucun but ne lui est assigné sinon celui, en effet très clair, de « faire de l’argent ». Le primat de l’économie et, par derrière, de la finance, est devenu tel, notamment par le biais des crédits et des dettes, que le besoin vital d’argent s’impose à tout le monde comme la priorité, pire, comme la condition sine qua non de tout. Il ne s’agit plus de gagner sa vie, mais d’assurer sa survie et concrètement de tirer son épingle du jeu. Devenue totalisante, la question économique s’est imposée comme cœur du discours politique. Et à y regarder de près, tout s’y rapporte. L’immigration n’en est qu’un avatar, tandis que les lois dites sociétales ne sont que des écrans de fumée pour masquer l’incapacité du politique. Ce monde politique, pour mille considérations électoralistes, s’est lui-même laissé enfermer dans cette course transformée désormais en fuite effrénée. L’enjeu électoral majeur est maintenant de laisser le camp adverse s’effondrer face aux problèmes insolubles pour reprendre le pouvoir derrière sans proposition alternative réelle. Coupé du monde réel, les politiques tentent de survivre dans un système politique et économique qui ne répond plus aux besoins de la vie réelle. Pire, les élites (autoproclamées) n’imaginent même pas qu’il y a une vie réelle au point de refuser la parole aux Français, considérés comme inaptes et incapables de comprendre le monde qu’ils ont tenté d’imposer. Refus des référendums, matraquage médiatique anti populiste, renforcement des scrutins favorisants les partis dits de gouvernements, pression morale culpabilisante et enfin perfusion clientéliste, sont autant de moyens dont les pouvoirs successifs (visage d’un même totalitarisme) usent de façon toujours plus prégnante pour faire taire ce peuple de veaux qui n’a décidément rien compris, mais qui de plus en plus contourne et tente de déjouer les chausse trappes des « élites ». Seulement, si les initiatives d’émancipation se multiplient, si les grincements de dents se font plus audibles, la réalité économique et humaine contraint encore le peuple de France à la réserve. En d’autres termes, il ne veut pas (ne peut pas) lâcher la proie pour l’ombre. Or quelle est la proie sinon les derniers effets (bienfaits ?) d’un macchabé qui ne tient plus que parce qu’on assure au peuple qu’il est encore vivant ? Devant les perfusions clientélistes des dictatures de gouvernement, ou les acquis artificiellement maintenus, la perspective d’un « autre monde » plus sain, plus respectueux de la dignité humaine, fait figure d’ombre insaisissable. On pressent bien quelque chose, on voit bien que ce n’est plus possible et que peut-être derrière l’image troublée se cache « un monde meilleur ». Mais qui aujourd’hui peut se payer le luxe de lâcher la proie pour l’ombre sinon ceux qui ont conscience que derrière cette proie illusoire se cache une déflagration bien pire encore que l’ombre pour l’heure inconnue ? Qui peut prendre ce risque sinon ceux qui ont un peu plus que les autres, ceux dont la situation économique et culturelle leur permet (leur enjoint ?) de passer devant et de montrer que, oui concrètement, le saut dans le vide est possible et qu’à plusieurs il n’est plus vertigineux, il est vertueux. Et voilà notre troisième obstacle, il faut se décider à se mettre en route. Mais, pour cela, encore faut-il savoir où aller, quelle direction suivre ? C’est là que la multiplicité des initiatives et des remèdes possibles doit se coordonner dans une vision globale partagée. Au fond tout doit concourir au bien de l’Homme. Il s’agit donc de lui rendre sa dignité en lui rendant sa liberté. Liberté d’initiative, liberté de penser, liberté de décider, liberté aussi et avant tout de responsabilité. Toute réforme économique, politique ou sociale doit viser cette liberté responsable. Il ne s’agit pas de diminuer le chômage, mais de donner les conditions structurelles d’une remise au travail afin de rendre la liberté d’agir et de choix aux Français. Or cela passe par des réformes fondamentales de la société, de la perception du monde économique et, au-delà, du rôle de l’Etat, ce qui veut dire aussi de son fonctionnement, y compris donc fiscal. Avant de nous engouffrer dans une myriade de colmatages économiques, il faut rien moins que refonder l’économie et la remettre à sa juste place. Telle est l’incapacité majeure, pour ne pas dire la démission, des partis politiques actuels (extrêmes de tout bord compris). Il appartient au politique de donner le sens et donc la vision, y compris à l’économie. Et le politique c’est avant tout chaque citoyen. Ce qui n’est pas la même chose que de dire qu’il appartient à l’Etat de réglementer l’économie. Or, aujourd’hui, en réglementant à outrance l’économie, l’Etat n’a fait que lui donner une puissance absolue. Car ces réglementations ne sont que des rattrapages a posteriori de situations sui generis dues à l’absence de vision de la société, c’est-à-dire de l’Homme et donc de l’économie livrée à elle-même. Aujourd’hui, le régime politique, comme le dictat des partis, sont liés à cette fuite en avant et ne peuvent que l’entretenir s’ils veulent survivre. Voilà pourquoi le salut de la France, comme du monde du reste, ne peut venir d’aucune institution en place. Le système dans sa globalité, en phase survie, est verrouillé et tente de se renforcer encore davantage en multipliant les lois et procédures totalitaires, sous couvert de danger terroriste. C’est par le bas que nous en sortirons et ils ne le savent que trop, parce que la France ne leur appartient pas, elle est notre bien commun à tous.

 

 

La sonnette d’alarme est de toutes parts tirée. Faire le tour des signaux alarmants ne servirait à rien tant leur nombre est important. En France tout va mal ! Evidemment un tel raccourci, comme tout excès, n’est pas juste. Bien des choses vont bien, voire même très bien. Plus encore, le potentiel français, comme le ressort des Français, est unanimement reconnu voire envié. Les solutions de redressement existent bel et bien, elles sont même relativement nombreuses. De plus en plus, constatant la démission de l’Etat, les Français se prennent en main, alors même qu’une contestation de moins en moins sourde secoue progressivement le joug apathique qui nous tenait hier encore fermement sous sa coupe. Cela voudrait-il dire que nous sommes prêts pour un « renouveau français » ? Une sorte de printemps à la française ? Peut-être pas encore, mais il semblerait bien que nous nous y acheminions pas après pas.

Au moins trois obstacles majeurs enlisent encore cette dynamique balbutiante. Le système en place a sorti désormais toutes ses armes d’autodéfense au point d’avoir fait de la population française l’ennemi public numéro un. Anesthésiée depuis des décennies et économiquement tenue au bord de la noyade, cette même population, consciente des réformes à faire et de la nécessité de secouer le joug des dictatures qui se succèdent au pouvoir, n’est pas prête, et on les comprend, à lâcher la proie pour l’ombre. Enfin toutes les initiatives naissantes sont encore dispersées et manquent d’une unité fondamentale, à savoir une vision cohérente de la France.

 

Dénoncer le système est une mode dans laquelle nous avons tendance à nous engouffrer trop rapidement. C’est un fourre-tout qui permet de ne pas désigner le fond du problème. De quoi parlons-nous lorsque nous tirons à boulet rouge sur ce fameux système ? Du régime politique ? De la mondialisation ? De l’Etat providence ? Des affreux financiers affameurs du peuple ? Des corrompus du pouvoir ? Du lavage de cerveau médiatique et culturel ? Ou bien encore d’une machine indéterminée qui se serait emballée et que personne ne contrôle plus vraiment ? A dire vrai, sans doute un peu de tout cela. Les uns se braquent sur un point tandis que les autres subissent et dénoncent un autre aspect de ce typhon qui nous aspire. Mais quel est le cœur du typhon ? Qu’est ce qui peut bien être commun à tous ces aspects d’un même cyclone ravageur ? Être réduit en quasi esclavage économique (soit par une spirale infernale de déchéance, soit par la course en avant vers le toujours plus) n’est qu’une conséquence créant un état de fait qui, il est vrai, fait partie intégrante du « système ». Mais l’économie n’est jamais que l’action d’hommes et de femmes en vue d’une fin précise. L’économie n’est qu’un moyen d’action parmi d’autre. Alors, certes, il est impératif de s’attaquer aux questions économiques, mais si « l’économie » n’est pas envisagée en vue d’une fin précise, elle continuera à être cette toupie incontrôlable et imprévisible. Or cette instabilité pèse sur les hommes, non seulement de par les effets dévastateurs de la toupie, mais par le simple fait de l’instabilité. Envisager l’économie du seul point de vue technique reviendra toujours et encore à colmater les brèches jusqu’au prochain cyclone. Si au regard de la survie, l’économie peut apparaître première et urgente, au niveau des solutions et des remèdes elle ne peut qu’être secondaire.

Or, aujourd’hui, l’économie est simplement livrée à elle-même en ce sens qu’aucun but ne lui est assigné sinon celui, en effet très clair, de « faire de l’argent ». Le primat de l’économie et, par derrière, de la finance, est devenu tel, notamment par le biais des crédits et des dettes, que le besoin vital d’argent s’impose à tout le monde comme la priorité, pire, comme la condition sine qua non de tout. Il ne s’agit plus de gagner sa vie, mais d’assurer sa survie et concrètement de tirer son épingle du jeu. Devenue totalisante, la question économique s’est imposée comme cœur du discours politique. Et à y regarder de près, tout s’y rapporte. L’immigration n’en est qu’un avatar, tandis que les lois dites sociétales ne sont que des écrans de fumée pour masquer l’incapacité du politique.

Ce monde politique, pour mille considérations électoralistes, s’est lui-même laissé enfermer dans cette course transformée désormais en fuite effrénée. L’enjeu électoral majeur est maintenant de laisser le camp adverse s’effondrer face aux problèmes insolubles pour reprendre le pouvoir derrière sans proposition alternative réelle. Coupé du monde réel, les politiques tentent de survivre dans un système politique et économique qui ne répond plus aux besoins de la vie réelle. Pire, les élites (autoproclamées) n’imaginent même pas qu’il y a une vie réelle au point de refuser la parole aux Français, considérés comme inaptes et incapables de comprendre le monde qu’ils ont tenté d’imposer. Refus des référendums, matraquage médiatique anti populiste, renforcement des scrutins favorisants les partis dits de gouvernements, pression morale culpabilisante et enfin perfusion clientéliste, sont autant de moyens dont les pouvoirs successifs (visage d’un même totalitarisme) usent de façon toujours plus prégnante pour faire taire ce peuple de veaux qui n’a décidément rien compris, mais qui de plus en plus contourne et tente de déjouer les chausse trappes des « élites ».

Seulement, si les initiatives d’émancipation se multiplient, si les grincements de dents se font plus audibles, la réalité économique et humaine contraint encore le peuple de France à la réserve. En d’autres termes, il ne veut pas (ne peut pas) lâcher la proie pour l’ombre. Or quelle est la proie sinon les derniers effets (bienfaits ?) d’un macchabé qui ne tient plus que parce qu’on assure au peuple qu’il est encore vivant ? Devant les perfusions clientélistes des dictatures de gouvernement, ou les acquis artificiellement maintenus, la perspective d’un « autre monde » plus sain, plus respectueux de la dignité humaine, fait figure d’ombre insaisissable. On pressent bien quelque chose, on voit bien que ce n’est plus possible et que peut-être derrière l’image troublée se cache « un monde meilleur ». Mais qui aujourd’hui peut se payer le luxe de lâcher la proie pour l’ombre sinon ceux qui ont conscience que derrière cette proie illusoire se cache une déflagration bien pire encore que l’ombre pour l’heure inconnue ? Qui peut prendre ce risque sinon ceux qui ont un peu plus que les autres, ceux dont la situation économique et culturelle leur permet (leur enjoint ?) de passer devant et de montrer que, oui concrètement, le saut dans le vide est possible et qu’à plusieurs il n’est plus vertigineux, il est vertueux.

Et voilà notre troisième obstacle, il faut se décider à se mettre en route. Mais, pour cela, encore faut-il savoir où aller, quelle direction suivre ? C’est là que la multiplicité des initiatives et des remèdes possibles doit se coordonner dans une vision globale partagée. Au fond tout doit concourir au bien de l’Homme. Il s’agit donc de lui rendre sa dignité en lui rendant sa liberté. Liberté d’initiative, liberté de penser, liberté de décider, liberté aussi et avant tout de responsabilité. Toute réforme économique, politique ou sociale doit viser cette liberté responsable. Il ne s’agit pas de diminuer le chômage, mais de donner les conditions structurelles d’une remise au travail afin de rendre la liberté d’agir et de choix aux Français. Or cela passe par des réformes fondamentales de la société, de la perception du monde économique et, au-delà, du rôle de l’Etat, ce qui veut dire aussi de son fonctionnement, y compris donc fiscal. Avant de nous engouffrer dans une myriade de colmatages économiques, il faut rien moins que refonder l’économie et la remettre à sa juste place. Telle est l’incapacité majeure, pour ne pas dire la démission, des partis politiques actuels (extrêmes de tout bord compris). Il appartient au politique de donner le sens et donc la vision, y compris à l’économie. Et le politique c’est avant tout chaque citoyen. Ce qui n’est pas la même chose que de dire qu’il appartient à l’Etat de réglementer l’économie. Or, aujourd’hui, en réglementant à outrance l’économie, l’Etat n’a fait que lui donner une puissance absolue. Car ces réglementations ne sont que des rattrapages a posteriori de situations sui generis dues à l’absence de vision de la société, c’est-à-dire de l’Homme et donc de l’économie livrée à elle-même.

Aujourd’hui, le régime politique, comme le dictat des partis, sont liés à cette fuite en avant et ne peuvent que l’entretenir s’ils veulent survivre. Voilà pourquoi le salut de la France, comme du monde du reste, ne peut venir d’aucune institution en place. Le système dans sa globalité, en phase survie, est verrouillé et tente de se renforcer encore davantage en multipliant les lois et procédures totalitaires, sous couvert de danger terroriste. C’est par le bas que nous en sortirons et ils ne le savent que trop, parce que la France ne leur appartient pas, elle est notre bien commun à tous.

 

Cyril Brun