La gauche condamnée

Condamnés au progrès !

 

 

            Même si nous savons que le projet de loi sur le mariage ‘entre personne de même sexe’ ne passera pas mardi ni durant cette législature, il n’en demeure pas moins que l’offensive de MM. Bloche et Hollande procède de la même veine que l’euthanasie au sénat…. peu à peu installer un climat de pression sur l’opinion et les élus. Il est fort intéressant de lire le rapport des débats de la commission des lois constitutionnelles. Débat fait d’amalgame et de mauvaise foi, d’où l’intelligence semble avoir céder la place à coups bas. Nous apprenons ainsi, que Monsieur Bloche, n’aurait jamais proposé un tel projet, si le Conseil Constitutionnel n’avait invité le législateur à poser le débat. Nous sommes émus, même de le voir surpris du peu d’ouverture d’esprit de la droite qu’il aurait cru avoir avancé depuis 12 ans. L’argument de monsieur Mamère est encore plus éloquent. Tous des méchants ! Débat sur le mariage qui a finalement tourné sur l’homosexualité et bien entendu… l’Eglise, méchante parmi les méchantes. Tines c’est surprenant de ne pas avoir entendu parler de la position si extrême de l’Islam !

Comme le souligne Ch. Vaneste, le débat est idéologique et vise à destabiliser l'institution familiale, plus qu'à promouvoir la lutte contre la discrimination. De fait, n’est-il pas discriminant, vis-à-vis de l’Islam de promouvoir la monogamie ? Non, car la discrimination doit avoir être d’actualité. Il y a douze ans, discriminer c’était refuser le PACS, pas le mariage. Mais la société évolue, parce qu’elle est en progrès constant. Quand les musulmans seront plus nombreux ou plus revendicatifs, il sera alors discriminatoire de refuser la polygamie. Il suffit juste d’attendre que la société évolue. Autrement dit, le bien de la personne dépend du contexte dans lequel il nait et non de lui-même. Brefs, les arguments sont beaucoup de sophismes et d'amalgames.

Il faut dire que nous nous trouvons face à une classe politique peu formée, peu capable d'argumenter, pur produit de la société actuelle, c'est-à-dire dominée par ses passions. Nos députés de gauche, comme de droite du reste, savent réfléchir, c'est à dire assembler des propositions A et B pour donner une finale en C. Mais penser, c'est-à-dire s'extraire du mathématique emboitable, ils n’en sont, pour l’imense majorité (tant pis pour les nouveaux ennemis que je viens de conquérir) pas capables, parce qu'ils n'en ont ni la matière ni la méthode. Et c'est bien ce qui engendre le dialogue de sourds  dont témoignent les débats de la commission. Les uns campent sur A et B font C et les autres sur A 'et B' font C'. Clairement, le débat n'a aucun fondement anthropologique ou philosophique. On rejette même explicitement les arguments dits 'métaphysiques'. Nous sommes face à un univers absolument matérialiste et donc incapable de s'extraire de la contingence. Nos élus en sont, comme tout le monde aujourd'hui, devenus dépendants. Nos débatteurs sont dominés, sans qu'ils en aient conscience, par le matérialisme qui les étouffe. C’est le drame de l’humanisme athée ! l’homme limité à lui-même régresse et s’asphyxie.

Or cette tragédie nous prend au piège, parce qu'elle nous enferme dans la prison même des matérialistes. Dès lors, nous ne pouvons les rejoindre que sur leur terrain, or ce terrain est stérile pour nous. Il est stérile pour le genre humain. C'est pourquoi, nous sommes entraînés dans une bataille procédurière et juridique. Bataille qu'ils gagneront, puisqu'il s'agit de changer la loi, laquelle n'est plus vue comme garante d'une vérité profonde, mais des passions et intérêts du moment (argument fort du rapport).

Alors, certes, nous ne pouvons faire l'économie de ce bras de fer juridique, car il s'agit de ne pas lâcher prise. Mais il me semble que pour nous l'enjeu est ailleurs. C'est bien la question du mariage, comme tel, de la société, comme telle et de l'homosexualité, comme donnée anthropologique qu'il faut aborder. Or ces questions de fond sont noyées par les arguments et arguties techniques et juridiques, sans aucun fondement anthropologique. Aujourd’hui l’être humain est simplement terrifié par le connais-toi toi-même de Socrate.

Nous sommes donc, ce me semble, face à un quadruple enjeu. Convaincre que l'homosexualité n'est pas une orientation sexuelle épanouissante pour l'homme, sans diaboliser les homosexuels ; Promouvoir le droit des enfants contre le droit à l'enfant ; faire face à nos opposants sans entrer dans une polémique violente qui créera des camps irréconciliables ; lutter tout de même pour que les cadres symboliques qui sont des garde-fous éducatifs ne tombent pas.

Mais derrière cela se trouvent un certain nombre d'obstacles parmi lesquels l'inculture anthropologique, les intérêts commerciaux que créent la dépendance matérialiste, les contradictions internes des promoteurs du mariage hétérosexuel. Comment peut-on dans un même gouvernement se dire contre ce mariage et promouvoir le gender à l'école ? Car c’est bien la même veine, c’est bien le même rouleau compresseur qui ne repose que sur le refus de l’homme de s’accepter tel qu’il a été fait. C’est ce refus qui poussent en avant sans cesse les forces dites de progrès. Au lieu d’aider l’homme à vivre et à s’épanouir dans ce qu’il est, elles sont condamnées à une fuite en avant pour inventer un nouvel être humain. Cette fuite, vue comme un progrès, n’est pourtant que le constat d’un échec, celui d’une illusoire libération de la bête humaine.