« Il n’y a plus aucune raison d’utiliser des cellules souches embryonnaires humaines ! »

Parole d’expert : « Il n’y a plus aucune raison d’utiliser des cellules souches embryonnaires humaines ! »

Une proposition de loi visant l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain a été votée au Sénat et sera examinée par l’Assemblée Nationale avant le printemps. Au-delà des arguments éthiques, des scientifiques interpellent citoyens et responsables politiques : cette libéralisation n’est pas nécessaire pour faire avancer la recherche, au contraire…

                       

Cette semaine, Alain Privat, professeur en neurobiologie à l’EPHE, ancien directeur de recherche à l’INSERM, et spécialiste des cellules souches,  nous explique les raisons de son opposition ferme à l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain en France. Le 19 novembre, Pr Alain Privat signait une tribune à ce sujet dans le Figaro, une semaine avant le vote du texte par le Sénat.

 

MEMO
Les cellules souches d’où viennent-elles, à quoi servent-elles ?

Il existe plusieurs types de cellules souches, en particulier :

  • Les cellules      souches pluripotentes : capables de générer TOUS les types de cellules      de l’organisme. Ce sont les cellules souches embryonnaires humaines (CSEh)      et cellules souches pluripotentes induites (IPS).
  • Les cellules      souches multipotentes : capables de générer un grand nombre de types      cellulaires mais pas tous les types. Ce sont notamment les cellules      souches adultes et les cellules souches du sang de cordon.

Les cellules souches sont utilisées dans deux cadres :

  • L’industrie      pharmaceutique :
    • Le criblage       pharmaceutique vise à identifier les problèmes de toxicité et       l’efficacité d’une molécule thérapeutique (voir détails dans l’interview       du Pr Privat)
    • La modélisation       de maladies est la création de modèles représentatifs de maladies humaines       notamment pour tester l’efficacité comparative de molécules       thérapeutiques sur les cellules.

   Dans ce domaine, les cellules IPS, non-embryonnaires sont aussi performantes que les cellules
   souches embryonnaires.

  • La thérapie cellulaire : Il s’agit de greffer des      cellules souches pour remplacer les fonctions altérées d’un tissu ou d’un      organe. Dans ce domaine, les CSEh et les IPS font aujourd’hui face au même      obstacle : le développement de tumeurs. Il n’y a aucune application      thérapeutique aujourd’hui. En revanche, les cellules souches adultes,      notamment les cellules de sang de cordon, elles, donnent déjà lieu à des      applications thérapeutiques.

 

Fondation Lejeune janv.2013